L'activité 1.3 de la semaine 5 consiste à regarder une vidéo au choix et à commenter la pratique pédagogique, analyser la place des ressources, etc. J'ai donc choisi la vidéo intitulée Individualiser les apprentissages et accompagner les élèves avec les manuels numériques.

 


Au départ, il est une chose qui ne cesse de m'étonner, et c'est la diversité lexicale entre nos pays de la Francophonie. En effet, à prime abord, je ne suis pas certain en quoi consiste exactement un "manuel numérique" ou un "ENT". Il me faut rechercher le sens de l'acronyme au départ et ensuite réaliser qu'il s'agit de ce que nous nommons chez nous un SGCA (système de gestion des contenus d'apprentissage), traduit de l'anglais "LCMS" - Learning Content Management System.


Une fois les repères établis, je me suis attaché, en regardant la vidéo, à comprendre en quoi consistait le manuel numérique et comment il était utilisé. Il me semble qu'il s'agit d'un livre en ligne, texte, images et exercices. Et que les élèves sont encouragés à rester après l'école pour travailler dans l'ENT, en raison du fait j'imagine que l'école dispose de la connexion, des ordinateurs, etc. Ai-je bien compris?

Il semble manquer plusieurs choses importantes à cette présentation. Je passerai sous silence la démonstration que fait l'enseignement aux élèves quant à la façon de naviguer dans la leçon. Pour les habitants de la NetGen que je connais, il s'agit d'une incitation à mutinerie. Mais surtout, pour qui crée des contenus d'apprentissage en ligne, l'idée est surtout de rechercher l'engagement et l'interactivité.


Nos concepteurs pédagogiques prennent toujours le temps d'analyser le matériel d'enseignement, la pédagogie et le niveau d'objectifs visés pour prescrire une adaptation en ligne des contenus traditionnels. J'en donnerai un exemple simple que j'aimerais pouvoir partager plus tard dans le cours, si j'arrive à "désartibuler" la ressource de son environnement: il s'agit d'une animation (Flash car faite il y a de cela un certain nombre d'années) pour enseigner l'histoire de l'Acadie. Il y était question de la déportation des acadiens.

Source: Wikipédia

L'enseignant, en collaboration avec le concepteur pédagogique, a donc identifié les lieux, les événements et les gens de l'époque, bref le objectifs d'apprentissage. Ensuite, ils ont imaginé un parcours aux dénouements multiples, selon les décisions de l'apprenant. Ainsi, au départ de l'histoire, car il s'agissait bien d'une histoire racontée de différentes manières suivant les choix de l'élève, celui-ci choisissait s'il était François ou Madeleine (des noms que j'invente pour les besoins de la cause): des colons de l'époque qu'on leur présentait.


L'élève devenait alors un personnage et on lui présentait un contexte: telle année, le gouverneur décrète ceci, la situation au village est la suivante; que fais-tu? Suit une liste de choix multiples. Ensuite, l'histoire continue au gré des choix de l'élève. Voilà donc une ressource interactive à plusieurs embranchements. Elle peut être utilisée un grand nombre de fois, chacune avec des implications et des faits historiques différents suivant les choix de l'élève. Et en bout de ligne, les dénouements étaient historiquement rigoureux: François mourait du scorbut sur une île déserte de la Martinique, Madeleine aidait son père à s'enfuir de la prison anglaise, Madeleine s'enfuyait dans le bois avec ceux du village qui étaient de son avis et fondait une communauté qui perdure jusqu'à aujourd'hui, etc.

Voilà ce que nous concevions à l'époque comme étant un "objet d'apprentissage" que nous voulions placer dans un répertoire, le décrire pour le rendre trouvable, incluant les droits bien sûr, et permettre de le réutiliser dans n'importe quel contexte pertinent comme une ressource à l'intérieur d'un scénario imaginé par l'enseignant. Il resterait ensuite à parler de la pédagogie de cet enseignement: quel est le contexte - face à face? chaque élève a un ordinateur? asynchrone avec rencontre hebdomadaire? que doit alors faire l'élève avant de rencontrer l'enseignant? ou hybride alors, avec des classes traditionnelles en face à face et les contenus offerts en ligne en prime? Toutes sortes de variantes sont possibles à partir de ces trois situations de base.

C'était la pédagogie discutée au départ des objets d'apprentissage. Aujourd'hui que les ressources sont libérées et que le cadre de publication est démultiplié par les technologies distribuées dans les nuages, quelle est la nouvelle pédagogie des REL?

Tue, 01 Apr 2014 23:44:00 +0000 [Comment]